Face à Luang Prabang, de l’autre côté du Mékong, s’étend un monde que la plupart des visiteurs ne font qu’apercevoir depuis la terrasse d’un café : la rive droite, le district de Chomphet. Pas de circulation, pas de boutiques : des villages, des sentiers, une forêt de tecks — et une poignée de monastères anciens qui gardent la mémoire de la « Route du Phrabang ». À dix minutes de pirogue de la ville UNESCO, c’est le Luang Prabang d’avant, silencieux et bouleversant. Suivez le guide.

Traverser le fleuve : dix minutes, un autre siècle
La traversée se fait en pirogue ou par le bac, depuis l’embarcadère situé derrière l’ancien Palais royal. En quelques minutes, le vacarme s’éteint : on débarque au pied de villages où l’on vit encore au rythme du fleuve, des rizières et des vergers. Quatre monastères méritent à eux seuls la demi-journée : Vat Tham, Vat Long Khoun, Vat Chom Phet et Vat Xieng Mène.
Vat Tham, le monastère des grottes
Juste en face du Vat Xieng Thong, le « monastère des grottes » occupe une vaste grotte calcaire au flanc de la colline : escalier de pierre, petit clocher à trois étages de facture birmane, autels enfouis dans la pénombre. La grotte sert depuis toujours de refuge aux anciennes images du Bouddha provenant des monastères disparus : des dizaines de statues de bois patinées y sommeillent, entassées dans l’obscurité. La légende raconte même qu’un passage secret relierait la grotte au Palais royal, sous le fleuve…
Vat Long Khoun, la retraite des rois
Le « monastère du chant bienheureux » est le plus attachant de la rive droite. Son vihan a deux âges : l’arrière remonte au XVIIIe siècle, le portique — au très joli fronton de bois sculpté — date de 1937. Sur la façade, deux grands guerriers chinois peints montent la garde de part et d’autre de la porte ; à l’intérieur, les fresques content les vies antérieures du Bouddha.
Ce lieu paisible jouait un rôle capital dans le rituel royal : avant son couronnement, le souverain venait y effectuer une retraite de trois jours, avant d’aborder la ville, en majesté, par l’embarcadère du Vat Xieng Thong. Autour du vihan, remarquez les koutti, les habitations des bonzes du siècle dernier : bois pour les étages, pierre pour les fondations et les escaliers.

Vat Chom Phet, le belvédère de la sérénité
Au sommet d’une petite colline isolée qui domine le Mékong, le « monastère de la pointe de diamant » vaut moins pour son vihan — d’un style classique, reconstruit au début du XXe siècle — que pour son site : de là-haut, la vue embrasse le fleuve, la presqu’île et les toits dorés de la ville. L’atmosphère de tranquille sérénité qui y règne est exactement ce que l’on vient chercher sur cette rive.
Vat Xieng Mène et la Route du Phrabang
Enfoui dans la verdure, le « monastère de la ville du Paradis » est de fondation très ancienne — le XIVe siècle peut-être. Son vihan actuel, à la toiture composite, date de la fin du XIXe siècle ; admirez le décor très fin des piliers octogonaux du portique. Si le village de Ban Xieng Mène fut jadis si prospère, c’est qu’il commandait le débouché de la piste caravanière qui menait au Siam et en Birmanie : la fameuse « Route du Phrabang », par laquelle le Phra Bang, le bouddha sacré de la ville, est rentré de Bangkok au milieu du XIXe siècle.
En amont du débarcadère, sur le flanc de la colline, les ruines du Vat Chom Cheng (XVIIIe siècle) ajoutent une note romantique à la promenade.
Le cimetière royal dans la forêt de tecks
À deux kilomètres de Ban Xieng Mène, un peu à l’écart de la Route du Phrabang, une clairière au milieu des tecks abrite le Pa Xa Louang, le cimetière royal. Y reposent les membres de la famille royale qui ne pouvaient être incinérés selon les interdits religieux : femmes mortes en couches, enfants en bas âge, victimes d’épidémies. On y trouve notamment le mausolée de la reine Kham Ouane (1885-1905). Un lieu émouvant, hors du temps, que l’on atteint par un beau sentier forestier.
Nos conseils pratiques
- Compter une demi-journée : traversée, les quatre monastères à pied par le sentier de berge, et le détour par le cimetière royal pour les marcheurs.
- Le matin tôt ou la fin d’après-midi : lumière superbe sur le fleuve et chaleur clémente — et le retour au couchant face à la ville est inoubliable.
- Chaussures fermées et eau : les sentiers sont faciles mais poussiéreux en saison sèche, glissants sous la pluie.
- Petite monnaie : pour la pirogue et les donations dans les vats.
La rive droite se glisse parfaitement dans un séjour à Luang Prabang — entre les temples de la presqu’île et les cascades de Kuang Si. Parlez-en avec notre équipe : agence locale au Laos depuis 2002, nous intégrons ces découvertes confidentielles à votre voyage sur mesure au Laos.